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 [TERMINE] I've got medecine, though you're not my friend, I'll love you 'till the end | VAN

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MessageSujet: [TERMINE] I've got medecine, though you're not my friend, I'll love you 'till the end | VAN   Sam 27 Juin - 19:18




Tu n'étais pas dans ton assiette quand tu t'es levé, mais ne t'es-tu pas toujours senti comme ça ? Comme si quelque chose pesait dans ton estomac, comme si quelque chose pesait sur tes épaules ? Tu peux sentir le poids de tout ce que tu ne vois pas t'accabler, tu peux sentir tes membres trembler. Tu sais ce dont tu as besoin, tu sais ce qui te manques. Mais ne devais-tu pas arrêter, ne devais-tu pas fuir ? N'avais-tu pas essayé de prendre tes jambes à ton cou, courir loin, très loin, aussi loin que l'on te permet de le faire ? Mais c'est dur, de tout briser d'un coup. C'est dur de rompre ses liens, de rompre ses chaînes, peut-être même que c'est impossible ? C'est quelque chose d'invisible qui attache tes poignets entre eux, c'est quelque chose d'invisible qui tient tes pieds sur le sol, qui te tient encore debout alors que tu devrais tout simplement t'écrouler, alors que tu devrais tout simplement te laisser tomber. Tu voudrais, à l'instant présent, pleurer toutes les larmes de ton corps et te maudire, encore et encore, te haïr, encore et encore. Mais ce n'est pas la solution, ça ne l'a jamais été. Garder la tête haute, bomber le torse, faire le beau. Ca oui, ça c'est ce qu'il faut faire n'est-ce pas ? Peut-être. Mais tu ne sais pas être fier, surtout pas de toi, ce n'est pas dans tin caractère ; tu n'as rien pour l'être. Pourtant, on te dit qu'irrémédiablement, tu l'es. Tout le monde l'est. C'est comme une nature chez l'homme, orgueil et fierté. Doucement ça te fait rire, parce que tu te demande de quoi ils peuvent être fiers tous. Personne ne fait rien de bien, et quand quelque chose de « bon » est fait ça cache toujours quelque chose de mal derrière. C'est ça, dont ils veulent être fiers, un monde où le mal est caché par le bon ? C'est pas comme ça que ça marche, parce que ça finit toujours pas vous sauter à la gueule. Tu le sais. Alors tu préfères ne pas être fier et affronter chaque part de ta vie comme tu le peux, comme tu le veux. Qu'on te laisse tranquille avec leurs idées d'homme, qu'on te laisse dans ton utopie d'enfant, qu'on te laisse penser à la perfection du monde. Il faut bien que tu imagines quelque chose de parfait, autour de toi. Parce que tu es loin de l'être toi. Tu ne regardes même plus ton reflet dans le miroir brisé qui est là, tu l'évites, tu le caches peut-être même, tu ne sais pas. Tu ne sais pas à quoi ressemble ton visage blafard, tu ne vois pas les cernes sous tes yeux fatigués, tu ne vois pas ton corps abîmé. Tu ne veux pas, parce que tu te dégoûtes, parce que chaque fois ça te donne envie de vomir. Finalement, tu devrais le faire peut-être. C'est ce qui soulage, c'est ce qui te fait cracher tout ce que tu peux pas cracher parce que tu es bien trop gentil, bien trop adorable. C'est un peu ta façon de tout envoyer péter, de tout envoyer chier. Mais là, tu n'as pas le temps. Tu ne peux pas. Qu'on te laisse tranquille, tu dois le voir.

T'as regardé l'heure sur le portable que tu as pu te payer avec les quelques économies que tu avais faites. T'es en retard, putain. Tu prends deux pilules, les mains tremblantes. Le docteur a dit que ça devait te calmer. Une par jour, deux maximum. Tu en es déjà à quatre. Tant pis. Tu te presses, tu dois quitter ton pauvre taudis pour aller le rejoindre lui. Tu y vas à reculons, mais tu y vas. Parce que tu n'as pas le choix, il te faut de l'argent pour payer ce dont tu as besoin. Il te faut se travaille. Certains te diront que ce n'est pas la solution, rien n'est bien pour toi dans cet environnement, rien n'est fait pour ton bonheur. Les gens sont riches, ils te regardent de travers, comme si tu n'étais qu'un pauvre misérable, qu'un pauvre rien. Ils te détaillent, te jugent. Tu sens chacun de leurs morts heurter ton visage mais tu ne dis rien, tu encaisses. Quelques part, ils ont raison de dire que tu es fou quand ils voient tes bras nus sous ta pauvre chemise beaucoup trop grande pour ton corps maigre. Ils ne sont pas les seuls à le dire, devrais-tu les croire ? Un fou, un taré, un sorti de l'asile. Oui peut-être, mais au moins tu en est sorti. Tu leur souris tout de même quand tu dois leur donner des fleurs, tu leur souris pas parce que tu es heureux mais parce qu'il le faut. Tu regardes une nouvelle fois l'heure. Dix minutes de retard, tu es devant la boutique. Tu respires profondément, tu es encore tremblant. Ces cachets ne font-ils aucun effet ? Tu passes une main dans tes cheveux un peu long, tu prends un air un peu détaché, tu essayes de faire celui qui n'est pas concerné mais rien que l'idée de le voir fait battre ton cœur beaucoup trop fort pour ta poitrine, tant pis. Tu te dois de garder ton calme. Il ne doit pas voir tout ce que tu ressens, il ne le doit plus, n'est-ce pas ? Tu passes la porte de la boutique, une clochette, bruit assourdissant pour tes pauvres oreilles d'écorché. Et évidemment qu'il est là, debout, fier. Tu as l'impression qu'un sourire est toujours gravé sur ses lèvres, ce sourire un peu mutin, taquin, ce sourire qui te plaît beaucoup trop. Soupir, tu passes une main dans tes cheveux pour remettre une mèche derrière tes oreilles et ce sont tes lèvres qui esquissent un sourire ; « Je suis désolé du retard... » que tu dis alors, venant poser ton pauvre sac abîmé derrière le comptoir, faisant bien attention à ne pas le toucher -ta faiblesse te ferait faire des choses que tu risques de regretter. Tu ne le regardes même pas dans les yeux, tu ne peux pas, sinon tu sais que tu es fini. Tu sais que ça va mal se passer. Tu repasses une main dans tes cheveux, nerveusement, t'es toujours trop nerveux quand il est dans les parages. L'amour, la peur ? Tu ne sais pas, tu te sens si misérable et tu sais qu'il a ses yeux posés sur toi, ça te rend fou. « On.. On a des commandes ? » Demandes-tu alors, osant enfin plonger tes yeux dans les siens. « Pour les fleurs, je veux dire... » Le reste, tu ne veux pas en entendre parler. Pas maintenant. Parce que tu sais très bien ce qu'il trafique, tu sais très bien que ça peut poser problème ; tu ne veux pas être mêler à toute cette merde. Pas encore une fois. Tu n'attraperas pas la main du diable, pas maintenant.


Dernière édition par Caleb H. Fryer le Mar 22 Sep - 9:36, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [TERMINE] I've got medecine, though you're not my friend, I'll love you 'till the end | VAN   Sam 27 Juin - 22:36




C'est un jour banal.

Le réveil sonne, et c'est la première pensée qui te vient en tête. Ça t'agace. Tu n'aimes pas les journées banales toi, tu aimerais de la nouveauté, de l'action, des péripéties. Tu voudrais vivre comme dans les romans, être toujours en mouvement ; tu voudrais être roi, le héros de l'histoire, ou même l'anti-héro, ça te dérangerait pas tant que tu vivrais des événements extraordinaires. Tu souris légèrement en te levant de ton lit. L'anti-héro. N'en n'es-tu pas déjà un Van ? De ceux qui blessent, de ceux qui écorchent, qui manipulent et qui parviennent à leurs fins sournoisement, tel des serpents venimeux. Tu prends ta douche, bois rapidement ton café en parcourant d'un oeil distrait le journal du matin. Tu ressembles à n'importe qui dans ce monde, mais toi tu voudrais être unique. Qu'on ne t'oublie pas. Tu voudrais marquer quelqu'un, marquer l'histoire, être cette cicatrice qui ne s'effacera jamais.

Cicatrice.

Tu revois ces lettres inscrites sur sa peau d'ange. Marque au fer rouge. Tu n'es pas l'anti-héro d'un roman, tu es l'anti-héro de son roman. Ca te fait frémir. Parce que tu as réussis ton pari et tu as réussis à marquer quelqu'un, au final. Même si ça te suffit pas. Même si tu en veux toujours plus. Même si tu l'as déjà grignoté, tu voudrais maintenant le dévorer. Se fondre en lui, faire entièrement partie de son être ; tu l'as possédé, mais ce n'est pas assez. Tu as peur qu'il t'échappe. Que les ailes que tu lui as arraché se refondent et qu'il s'envole, qu'il te laisse et qu'il t'oublie. Tu as peur de ne pas l'avoir assez marqué pour qu'il reste bien sagement entre tes mains. Tu fermes la porte, glisses la clé dans ta poche et descends les escaliers. Il est 6h du matin, le soleil ne forme qu'un petit faisceau de lumière mais la nuit est encore présente, parsemée ici et là de petites tâches bleutées. Tu aimes ce moment. Voir le soleil se lever. La nuit disparaître. Pour mieux l'attendre le soir. Ton petit protégé est sensé venir dans une heure et, pendant ce temps, tu arroses les plantes dans la réserve, impatient de le voir débarquer et tenter de t'échapper sans pouvoir y arriver.

Tu souris, mutin. La cloche sonne. Tu te retournes pour le voir. Il est 7h20, la boutique ouvre dans dix minutes. Il s'excuse et tu hausses les épaules. « Pas de problème, tant que tu arrives avant l'ouverture. » Tu n'es pas le genre de patron qui emmerde sur les horaires ; tu es même assez cool, en vérité. Ce qui est plutôt ironique sachant que tu cherches constamment à le diriger, à prendre les fils invisibles qui pendent de ses membres pour le manier comme un marionnettiste ... Ta magnifique poupée. Tu n'arrives même pas à détacher ton regard de son corps abîmé et l'halo de lumière qui scintille encore autour de lui te donner envie de vomir. Ne l'as-tu pas déjà assez tâché comme ça ? Devais-tu en faire encore plus ? Il arrivait encore à te faire penser à ta sœur malgré ses cernes, malgré sa fatigue évidente, malgré cette magnifique peur qui luisait dans son regard ciel. Tu ne voulais pas. Tu souhaitais que son âme soit aussi sombre que le goudron, tu voulais qu'elle englobe sa partie lumineuse et l'éteigne pour l'éternité.

Et alors, seulement, tu sauras que tu as gagné.

Ton sourire s'agrandit lorsqu'il aborda le sujet des commandes. « Il y a toujours des commandes... » Tu parlais aussi bien des fleurs que de la drogue que tu cachais dans un coin de ton appartement. Tu glissas ta main sur le comptoir pour prendre l'agenda et le lui tendre, mordillant ta lèvre inférieure. Il t'avait enfin regardé dans les yeux et ce que tu y avais vu te donnait envie de le plaquer contre un mur et de le baiser aussi sauvagement que tu le pouvais. Terreur. Amour. Les deux s'y entremêlent, formant un ensemble dégueulasse et magnifique à la fois. « Tu t'en occupes s'il te plaît ? » Malgré les tressautements de ton cœur, tu restais d'une impassibilité qui n'égalait rien. Tu dessinais juste une lueur de douceur dans ton regard, juste assez pour qu'il te croit dans tes bons jours ; mais en réalité, tu n'en n'avais jamais de mauvais. Il y en avait juste certains durant lesquels tu décidais de passer à l'attaque et de lâcher un instant les fils pour profiter de ta marionnette, c'était tout. Tu te dirigeas vers la porte pour retourner le panneau et ouvrir ainsi la boutique. Ton regard tomba sur le soleil qui avait complètement effacé la nuit ; et tu te dis que, décidément, cela avait beau être un jour banal, c'était un jour banal très intéressant.

Sourire.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] I've got medecine, though you're not my friend, I'll love you 'till the end | VAN   Sam 27 Juin - 23:41




Tu fais attention à ne pas toucher ses doigts quand tu prends l'agenda, tu ne veux aucun contact, tu ne veux rien de plus que ses yeux dans les tiens. Et c'est déjà beaucoup trop. Avez-vous déjà vu des yeux aussi beaux que les siens ? Tout le monde n'est en extase que devant les yeux bleus, mais si vous voyez les siens. Toi, tu ne veux plus les voir. Pourtant ils sont là, foncés quand il te regarde, plein de choses que tu ne saurais décrire parce que tu ne t'y attardes pas, parce que tu ne veux pas savoir ce qu'il ressent. Mais ses yeux, ils sont beaux quand ils affrontent le soleil, ils brillent, ils sont dorés, peut-être même qu'ils pétillent.. Ils te donneraient presque envie de sourire comme un idiot, ses yeux mais tu dois te retenir, il n'aime pas ça. D'un mouvement de tête, tu avais accepté de t'occuper des commandes et tu avais ouvert l'agenda sur le comptoir, reportant ton attention dessus quand il se retourna vers toi. Tu ne le regardais pas, oh non c'est pas vrai, tu ne l'admirais pas. Tu sens tes joues chauffer, rougis-tu ? Peut-être. Tu pinces tes lèvres, gratte ton bras aux cicatrices multiples avant d'aller chercher plusieurs fleurs différentes dans chaque coin de la boutique, prenant bien soin de l'ignorer quand tu sentais son regard sur toi, prenant bien soin de le regarder quand il avait ses yeux posés sur quelque chose d'autre. Tu te maudis toujours d'avoir accepté ce travail, tu te maudis encore d'être toujours avec lui. Ne devais-tu pas décrocher, le laisser tomber ? Mais tu n'y arrives pas, oh non tu n'y arrives pas. Il est pire qu'une drogue, pire que tout. Il a fait son chemin dans tes veines, dans ton corps, jusqu'à ton cœur. Il bat sous tes tempes, tu le sens là, le soir. Il est partout, tout le temps. Tu entends sa voix, tu entends son rire, tu le vois sourire. Il a cette chose dans son sourire qui le rend peut-être encore plus beau qu'il ne le faut. Toi, tu voudrais pouvoir ignorer cela, mais tu n'y arrives pas, tu n'y arriveras jamais. Avec précaution, avec toute la douceur que l'on te connaît, tu prépares ce bouquet. Il est beau, il respire la jeunesse et l'amour. Tu as appris à connaître les fleurs depuis que tu travailles ici, et ce bouquet te fait sourire, doucement, un peu idiot, un peu enfant, tu souriais tout seul. Tu souriais à tes pensées. Toi aussi, quand tu étais enfant, tu rêvais que quelqu'un te fasse un bouquet, tu rêvais que l'on t'offre des fleurs, que l'on te surprenne. C'est un peu ironique, comme histoire non ? Toi, si c'était dans une autre situation, ça te ferait rire. Tu te moquerais de toi. Tu relèves la tête vers lui, et il te regarde encore. Tu ne peux t'empêcher de lui sourire un peu, de lui sourire beaucoup trop avant de dire ; « Il fait beau aujourd'hui, c'est agréable hm... ? » Tu ne sais tout simplement pas quoi dire, tu veux meubler ce silence gênant. Pour toi, peut-être que pour lui il ne l'est pas ? Mais tu n'aimes pas quand vous vous dites rien comme ça, parce que tu ne sais pas comment occuper tes pensées autre que par lui, parce qu'il est là, parce que tu peux le sentir autour de toi, tu peux l'entendre bouger quelque chose, bouger tout court. Tu es perturbé, tu as encore le cœur qui bat fort. « J'irai sûrement faire un tour après le boulot... » Dis-tu alors, les yeux levés vers lui. Tu viendrais avec moi ? Cette pensée ne peut quitter ton esprit alors que tu as arrêté ta composition pour le regarder dans les yeux, quelques instants, ton cœur loupant des battements. Un soupir a passé tes lèvres comme si tu n'attendais rien de lui et tu termines d'emballer les fleurs. Tu les prends doucement, soigneusement et tu prends aussi ton courage à deux mains regardant le blond qui ne semblait pas avoir de réaction ou qui semblait tout simplement attendre quelque chose, tu ouvres ta bouche une fois, deux fois avant de te lancer ; « Tu viendrais avec moi ? » Demandes-tu alors, te maudissant déjà d'avoir demandé ça, te maudissant d'avoir encore cédé à tes envies. Un léger mouvement de tête fait tomber l'une de tes mèches sur ton visage alors que tu lui dis d'oublier parce qu'il est sûrement occupé et qu'il a sûrement mieux à faire, tu déposes le bouquet dans un vase plein d'eau beaucoup plus nerveux qu'à l'instant, beaucoup plus tremblant et tu repars te cacher derrière ton comptoir comme s'il pouvait te protéger, comme si tout ça te protégeait de ta propre bêtise.


Dernière édition par Caleb H. Fryer le Dim 26 Juil - 22:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [TERMINE] I've got medecine, though you're not my friend, I'll love you 'till the end | VAN   Mar 30 Juin - 16:33




Sourire, sourire, sourire. Il avait ce sourire-la, ce sourire innocent, remplit d'espoir, de jeunesse et de rêve de liberté ; ce sourire n'était pas forcément remplit de joie, mais il était réel, beaucoup trop pour toi. Sourire, sourire, sourire. Sourire aux milles éclats, sourire en coups d'état ; explosion. Tu aurais voulu l'effacer. Prendre une petite gomme, comme ça, trait par trait pour faire durer le plaisir. Le transformer en grimace. En déchéance. En pourriture. Le genre de sourire qui ferait froid dans le dos. Tu voudrais teindre son âme, l'emmener à la machine à laver pour la lessiver puis faire couler la teinture noire avant de l'obliger à la revêtir. Tu voulais qu'il soit comme toi Van, car cela signifierait qu'il sera à toi. Ce serait toi son bourreau. La source de tous ses maux. Et il en demanderait encore, et encore, et encore.

La beauté de ce sourire te rendait dingue.

Tu fus à deux doigts de t'approcher et de l'embrasser. Pour fermer les yeux. Pour le faire disparaître sous ses lèvres. Mais il y eut son regard lorsqu'il parla du temps. Comme si il était Monsieur Météo. Ton regard se reporta au-dehors. Quelques nuages blancs flottaient, mais le ciel était bleu azur ; bleu bonheur. Tu étais du genre à préférer la nuit, mais tu aimais bien la chaleur aussi. Qui t'entourait comme un cocon. Tu savais ce qu'il te demandait implicitement ; tu le connaissais par cœur, à force de l'avoir étudié, charmé, joué de ses réactions. Sortir dehors, avec toi. Ce ne serait pas toi, tu le sais. Ce n'était pas ton genre, de tenir la main aux autres, de leur offrir un bouquet de fleurs comme celui qu'il préparait en ce moment. Mais qui étais-tu vraiment en réalité ? Ne te serais-tu pas perdu dans les mailles de ton propre jeu ? Peut-être devrais-tu accepter. Pour être bien sûr de le garder. Pour gagner des points en plus et te rassurer.

Il se détourna, te demandant d'oublier sa question. Que tu étais sûrement occupé. Tu avais quelques livraisons à faire aux Champs, tout à l'heure - peut-être devrais-tu en profiter. Peut-être que tu devrais l'amener, juste pour sourire en le voyant regarder la poudre avec dégoût et envie. Juste. Pour le maîtriser, le tenter, voir ses limites. Tu réfléchis un moment à sa question, te dirigeant de nouveau vers le comptoir alors qu'un client arrivait. Tu laissais Caleb finir les commandes, prenant le client en charge avec ton plus beau sourire qui sonnait horriblement faux à l'intérieur de toi.

La seule chose de vraie en toi, c'était cette folie. Cette noirceur qui bouffait ton cœur. Tu aurais dû avoir de l'aide, il y a longtemps ; mais ça n'a pas été le cas.

Une fois le client parti, tu te retournas de nouveau vers la silhouette familière de ta poupée. « Pourquoi pas. » Dis-tu simplement. Du bout des lèvres auxquelles s'accrochait un léger sourire amusé. Tu savais que tu l'avais étonné. Tu savais que tu l'avais pris de court, ça se lit sur son visage d'ange à damner. Tu t'approches, te penches. L'embrasse. Volage. Du bout des lèvres. C'est plus une caresse qu'un baiser. Puis tu te diriges vers les fleurs qu'il avait composé et glissé dans un vase. Ce serait dommage que les fleurs s'assèchent ; elles étaient si fraîches, si belles, si lumineuses. Tu frôlas un des pétales du bout des doigts. Tu devais avouer que Caleb faisait du bon travail – qui sait, peut-être que plus tard, il pourra reprendre la boutique.

Juste. Juste pour l'avoir près, tout près. Tu pourrais lui céder ça. « C'est joli. Tu as bien manié les couleurs, disposé les fleurs de la bonne façon... Tu es un bon apprenti, tu sais. » Pour une fois que tu n'as pas à mentir pour le charmer, tiens. Cette pensée te donna envie d'éclater de rire. Pour une fois que tu n'avais pas à être faux. Il faudrait marquer ça dans le calendrier.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] I've got medecine, though you're not my friend, I'll love you 'till the end | VAN   Mar 30 Juin - 18:28




Il n'est que mensonge, il n'a jamais été que ça toute sa vie, c'est ce que tu penses, c'est ce que tu espères quelque part. Toi aussi, tu voudrais lui mentir mais cela semble impossible, improbable. Et tu le regardes sourire comme il sourit au client, espérant un jour te voir adresser ce sourire. Tu voudrais qu'il te montre ses dents comme il les montre aux autres, même s'il doit te mentir, encore et encore, même s'il doit te briser le cœur. Tu ne l'as jamais vu heureux, tu ne l'as jamais vu sourire, tu ne l'as jamais vu qu'avec de la haine dans les yeux, tu ne l'as jamais vu qu'avec ce petit sourire en coin qu'il sait si bien t'adresser. Entre vrai et faux, peut-être que tu devrais t'estimer heureux d'avoir ce genre de sourire ? Parce que quelque part, derrière le mensonge se cache une certaine vérité, une vérité qui devrait te faire sourire. Et cela te fait sourire. Ils te demanderont tous pourquoi tu souris aussi bêtement, pourquoi tu as l'air si heureux alors que tu n'as rien pour l'être, tu leur répondras que le bonheur ne dépend pas que des autres, qu'il faut savoir compter sur soit si les autres on ne les a pas, si on ne peut pas les atteindre. Tu l'observes, encore, toujours, parce que tu ne sais faire que ça, parce que tu ne sais décrocher tes yeux de sur lui quand il est là. C'est bête à dire, peut-être, c'est vrai, mais c'est comme ça. Ne devrait-il pas être celui qui te regard et te surveille sans cesse ? Par moment, tu as l'impression d'être inexistant pour lui, tu as l'impression que tu n'es pas là, que tu n'es qu'un simple fantôme, une présence invisible. Ce n'est pas agréable, comme sensation, ça ne l'a jamais été, alors tu essayes d'attirer son attention. Mais ça ne marche jamais. Est-ce qu'il s'en fiche vraiment de toi, joue-t-il un jeu que tu ne comprends pas ? Tu voudrais presque pleurer par moment quand tu penses à cela, parce que toi, tu tiens à lui, toi, tu ferais tout pour lui. Il est là, il a toujours été là, tellement là qu'il est gravé dans ta putain de beau. Doucement, tu passes ta main sur ta hanches, tu soupires pour toi et termina cette commande qui te prenait vraiment à cœur ; elle sonnait elle aussi l'amour, le vrai, celui qu'on ne rencontre qu'une fois. Ne l'as-tu pas rencontré toi aussi ? Tu l'aurais cru. Mais maintenant tu ne sais pas, tu ne sais plus. C'est un peu flou dans ta tête, c'est un peu flou quand tu penses à l'amour ? Est-ce ce que tu ressens quand ton cœur bat beaucoup trop fort dans ta poitrine ? Ou est-ce cette douleur dans ton estomac ? Tu ne sais plus, tu ne sais plus ce qu'est l'amour, la peine, la peur. Tout se mélange chez toi, tous les sentiments ne sont plus rien pour toi. Plus qu'un lointain souvenir oublié.

Ses mots te font hausser les sourcils, hausser la tête et tu ne sais pas si tu dois sauter de joie ou lui sauter dessus. Tu ne t'attendais pas à ce qu'il accepte, tu ne t'attendais pas à l'entendre prononcer ses mots. Tu le pensais beaucoup trop occuper à aller ailleurs, aller dans d'autres bras, aller dans d'autres cœurs que le tien. Mais en torrent, en tempête, il a balayé toutes tes pensées, il a brisé toutes tes fausses idées en acceptant un tour avec toi. Un tour. Ce n'est rien d'autre qu'une simple balade, le genre de choses qu'il ne fait jamais avec toi ou très rarement. Tellement rarement. Tu devrais marquer chacun de ces jours sur le calendrier, tu devrais marquer chacun de ces jours d'une pierre blanche. Tu sens ton cœur se remplir de bonheur, tu son ton visage s'éclairer, un sourire se dessiner sur tes lèvres mais doucement tu le perds pour répondre à la caresse qu'il dépose dessus. Tes joues, malgré tout, prennent cette couler rosée qui fait ressortir tes yeux bleus, qui contrastent avec ton teint de cadavre. Tu te sens heureux chaque fois qu'il fait ça, tu ne sais même pas pourquoi. Tu es comme une fleur fanée qui revient à la vie, comme si de nouveau on te voyait éclore. Un sourire béat sur les lèvres, il ne devrait pas faire ça, il le sait. Tu finis de ranger une fleur, tu la tripotes plus qu'autre chose. Tu aimerais demander beaucoup plus que ce simple contact de vos lèvres, mais tu n'es pas sûr qu'il te le donne. Tu te souviens à présent pourquoi tu l'aimes, tu te souviens à présent pourquoi il est important pour toi, pourquoi.. Pourquoi tu l'as choisis lui. Pour ce qu'il te laisse ressentir chaque fois qu'il pose son corps contre le sien. Passant une main dans la mèche qui tombait sur ton visage pour la caler derrière ton oreille, sachant pertinemment qu'elle tomberait encore, ce qu'il dit te fait de nouveau sourire. « Tu penses ? Je sais pas... Je prends tout simplement exemple sur toi... » Dis-tu alors avec un petit sourire, comme si tu venait de lui faire le plus grand compliment que la terre n'a jamais porté. « Puis t'es pas trop mauvais pour apprendre hm.. ? » Un petit rire s'échappe d'entre tes lèvres. « Et si je sais pas faire ça, sur qui tu pourras compter s'il t'arrive quelque chose ou si un jour tu n'es pas capable de tenir cette boutique ? » Sur qui il comptera quand il se retrouvera seul, quand il n'aura plus de drogue à vendre, quand il n'aura plus d'amis, plus de corps ? Tu seras certainement le seul qui restera pour lui. Certainement le seul qui sera là toute sa vie. Il a trouvé la bonne poire, le vrai amour. Ne peut-il pas s'en rendre compte tout simplement au lieu de jouer avec toi comme il le fait à présent ? Tu ranges les dernières fleurs dans le vase, te posant donc aux côtés de Van. Tu lèves un peu la tête vers lui, lui esquisses un sourire, un vrai sourire, un sourire heureux de tout ça. « Tu risques de m'avoir sur le dos toute ta vie, même quand tu voudras plus de moi alors va falloir t'y faire... » Avais-tu dit innocemment, mais tu ne croyais pas si bien dire.


Dernière édition par Caleb H. Fryer le Dim 26 Juil - 22:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [TERMINE] I've got medecine, though you're not my friend, I'll love you 'till the end | VAN   Sam 11 Juil - 23:04




C'est un jour banal.
Toi, tu as toujours respirer la haine. Lorsqu'il est arrivé auprès de ta mère, tu l'as hais. Lorsque ta sœur est née, tu l'as hais. Lorsque tout s'est écroulé, lorsqu'elle se suicida, tu t'es hais. Et lorsque Caleb est entré dans ta vie, tu as sus que tu ne pourrais jamais te débarrasser de cette haine à moins de la diriger vers quelqu'un pour le reste de tes jours. Alors, tu t'es mis à le détester lui. A détester ses sourires heureux qui te faisaient penser à ta sœur. A détester sa voix calme et apaisante. A détester son corps, sa façon à lui de se détruire, tout, tu t'es mis à détester la moindre de ses paroles, le moindre de ses gestes. Tu es devenu fou de haine Van, parce que l'as contenue pendant trop longtemps. Mais, juste après avoir commencé à le détester, tu as voulu le changer pour te changer toi. Tu t'es dis que, si il devenait comme toi, alors tu n'aurais plus à le haïr, tu n'aurais plus à haïr personne et encore moins toi-même.

Tu as cru qu'il n'était qu'un objet, de la pâte à modeler que tu pouvais former de tes mains. Et c'est ce en quoi tu l'as transformé ; en simple poupée dévouée entièrement à ta personne. Tu t'y plais. Tu te plais dans ce petit jeu où tu es entièrement le maître, mais ta haine n'as pas disparue comme tu le souhaitais. Car, même si il t'était dévoué, tu n'arrivais pas à le changer complètement. Tu n'arrivais pas à effacer ses sourire heureux, ni à changer sa voix ; tu n'arrivais pas à le transformer en toi, à le fondre dans ton corps pour le posséder et cela te mettait hors de toi. Mais ce que tu ne savais pas Van, et heureusement d'ailleurs, c'est qu'il arrivait à te changer toi. Petit à petit, tu te pliais à ses désirs, t'excusant en te disant que c'était pour mieux l'avoir auprès de toi ; mais c'était faux.

Toi aussi, tu étais devenu dépendant de lui. A tes dépends.

Tu es devenu un mensonge haineux. Tu es devenu un mensonge auprès des autres, changeant ton masque en fonction des gens à qui tu t'adressais ; pour eux, tu étais Van le sympathique, Van le dealer, Van le dragueur. Tu es devenu un mensonge auprès de toi-même, te cachant de tes vraies intentions, te focalisant sur ta haine sans pouvoir te rendre compte que tu étais en train d'aimer ; pour toi, tu étais le Van manipulateur, Van maître de l'univers, Van le dominant. Mais qui étais le vrai Van au fond ? Ça personne ne le savait, pas même toi. C'était peut-être ça, le fond du problème. Que tu ne saches pas qui étais-tu vraiment. Que tu ne l'ai jamais su.

Et puis y'a son sourire après son baiser. Et ses joues rosées. Et sa joie, sa joie si pure, si blanche, si attirante. Tu veux hurler. Tu veux lui hurler le plus fort possible d'arrêter de sourire comme ça, que le monde n'est pas joyeux, que toi tu te fous de sa tête depuis le début, juste pour satisfaire ton ego ; tu voudrais lui hurler d'être toi et de se taire, d'effacer ce sourire car il t'arrache les yeux, car il te déchire le cœur, car il apaise ton âme. Cette constatation te fige un instant. Une milli-seconde avait suffit pour que l'idée que ce sourire t'apaise traverse ton esprit. Tu fronces les sourcils et recule un peu. Quelque chose cloche. Quelque chose est en train de se modifier, tu ne sais pas quoi, tu ne sais pas comment, mais tu le sens à l'intérieur de toi.

Tu ne fais que le détester encore plus.

Tu glisses le vase de côté, dans le coin fais pour les commandes. Normalement, le client vient à 10h. Tu espères qu'il ne sera pas en retard, sinon les fleurs souffriront. Elles se sentiront peut-être abandonnées. Tu essaies de fuir son regard, son regard joyeux, son regard heureux, t'as trop peur de ce qu'il peut te faire ce regard. Je prends exemple sur toi. Tu souris. Cela satisfait ton âme, ton désir hardant de le posséder, de le faire devenir toi. Tu y arrives, lentement mais sûrement. C'est ce que tu te dis pour te rassurer. Tu redresses légèrement les épaules lorsqu'il te fit remarquer que tu n'étais pas mauvais pour apprendre. La fierté coule en toi et agrandit ton sourire, comme si tu avais besoin de ce compliment pour t'apaiser. Pour te dire que tout cela ne menait pas à rien. « Merci » Souffles-tu. Tu essaies de croire que tu ne le pensais pas, parce que tu savais déjà ce qu'il te disait ; mais la vérité était toute autre.

Il rit et sa remarque te glace le sang. Ton visage se ferme et tu te retournes lentement vers lui, menaçant. Tu le fusilles du regard. Cette boutique pourrait vivre sans Caleb. Aisément. Toi aussi, tu pourrais vivre sans lui. Personne, personne n'a besoin de lui dans ce monde et sûrement pas toi. Tu n'as besoin de personne pour l'entretenir. Et si un jour, tu n'étais plus capable de la tenir, alors tu pourrais tout aussi bien la vendre. Tu n'étais aucunement obligé de la laisser à Caleb. Si tu l'avais pris comme apprenti, c'était uniquement pour l'avoir à tes côtés. Pour mieux le diriger. « Je ne compte sur personne. » Siffles-tu entre tes dents. Personne à part toi. Car il arrive toujours la possibilité que Caleb ne veuille plus de ce métier. Qu'il t'échappe un instant, aussi, même si tu n'espères pas que cela n'arrive. Si tu te reposais sur lui et qu'il te lâchait, tout s'effondrerait ; et ça, tu ne le veux pas. De quel droit se permettait-il de s'accorder cette responsabilité ? Tu ne lui avais rien demandé. « Et si un jour je ne voudrais plus de toi, alors je te virerais. Que tu le veuilles ou non, tu me lâcherais.b » Il t'avait pourtant dit tout ce que tu avais toujours voulu entendre.

Mais dans sa bouche, cela sonnait comme si c'était lui qui avait prit cette décision. Comme si tu ne t'étais pas battu bec et ongle pour le converser à tes côtés. Bien entendu, tu ne comptais absolument pas le laisser partir un jour, ou même ne plus vouloir de lui - pas tant qu'il ne sera pas toi. Mais peut-être était-ce pour effacer cette lueur de son regard qui était apparue après ton baiser. Pour lui rappeler qui étais-tu et qui possédait les rênes dans cette histoire. Tu te détournes et songes à changer d'avis pour la balade. Mais une fois qu'un honnête homme donnait sa parole, il ne pouvait plus se retirer n'est-ce pas ?

Mais la vérité Van était que tu avais envie de faire cette balade avec lui.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] I've got medecine, though you're not my friend, I'll love you 'till the end | VAN   Lun 20 Juil - 13:01




Ses mots sont assassins. En couteau ils se plantent dans ton corps, en douleur il se font entendre. Pourtant, tu ne sais pas vraiment ce que c'est d'avoir mal. Tu ne sais pas ce que c'est de souffrir. Pourtant là, tu ressens quelque chose. Quelque chose de fort. Ton cœur se pince dans ta poitrine, comme si quelqu'un venait appuyer fort dessus, ton cœur se presse et tu te dis que tu as peut-être fait une erreur. Sûrement que tu aurais dû te taire, garder encore une fois tes pensées pour toi... Peut-être que tu aurais tout simplement du te la fermer comme tu sais si bien le faire avec les autres. Mais le problème est que Van te faire ressentir cette possibilité de parler, de dire ce que tu penses. Un peu comme lui. Il te dit ce qu'il pense. Certainement qu'il déteint sur toi, à force de rester à ses côtés... Mais tu n'as pas l'impression que ce soit ce qu'il veut. Pas comme ça en tout cas. Si tu commences à parler. À dire. Si tu commences à penser c'est sa fin, à lui. Un peuple ne s'est-il pas rebellé contre sa dictature après avoir pensé ? Il est ton tyran. Mais toi, toi. Tu ne veux pas qu'il te laisse. Tu ne veux pas qu'il t'abandonne. T'es beaucoup trop dépendant de lui. T'as beaucoup trop besoin de lui. Autant que tu devrais le détester, tu l'adules et l'adores. Autant que tu devrais le détester, tu es à ses pieds. Nombreux sont ceux qui seraient partis sans plus de raisons après ces mots-là, déçus, blessés dans leur orgueil. Mais toi, non. Non. Jamais. Jamais tu ne le laisseras, n'est-ce pas ce que tu lui as dit avec ton plus beau sourire ? Et tu le penses très sincèrement. Trop peut-être. C'est malsain. Malsain d'aimer comme tu le fais, malsain d'aimer comme il le fait. À vous deux, rien n'est bien. Mais toi tu sais qu'il a besoin de toi. Tu le sens. Pourquoi serait-il encore là sinon ? Pourquoi serais-tu encore là ? Il n'a besoin de personne qu'il dit, mais tu sais que c'est faux. On a tous besoin de quelqu'un, toujours. L'homme ne sait pas se débrouiller seul, l'homme ne sait pas être seul. Il doit vivre en société. Vivre avec les autres parce que tout chez l'autre est important. Le regard qu'il porte sur toi pour ton évolution, le dialogue pour la vérité. Chacune de ces choses importantes. Alors tu espères, tu penses, tu oses croire que tu es important pour lui autant qu'il a été important pour toi. Même maintenant. Même là. « Ah... » s'échappe d'entre tes lèvres alors que tu le regardes. Tu n'as pas l'air triste, pas vraiment déçu non plus. C'est autre chose que l'on peut voir dans tes yeux. C'est quelque chose d'autre qui se dessine dans la tempête. De la peur. En brouillard, en voile. On peut voir la peur de dessiner sur chaque trait de ton visage. N'était-ce pas ce qu'il voulait au final ? Tu as peur. De lui. De ce qu'il peut faire. Tu as peur qu'il te laisse vraiment. Tu as peur qu'il n'ait plus besoin de toi. Tu es effrayé au possible, tu es comme un animal blessé, prêt à te cacher. Tu le sais capable de beaucoup de choses. On t'a dit des trucs. On t'as parlé de lui. Tu en as entendu. Lui aussi se vante. Alors c'est vrai, t'as peur. Beaucoup trop. Pour lui. Pour vous. Mais y a-t-il réellement un "vous" ? Tu oses l'espérer aussi. Tu espères beaucoup de choses venant de lui mais tu ne sais pas la moitié, tu ne sais pas ce qu'il pense, tu ne sais pas qu'il est vraiment. Tout ce qu'il sait te montrer c'est cette brute mais toi, tu sais qu'il n'est pas comme ça. Pas tout le temps. Quand vos corps se mêlent, tout est simple, tout est doux, des fois la violence s'échappe mais elle n'est qu'amour. Toi, tu n'es qu'amour. Mais peut-être que c'est ça le problème ? Peut-être que c'est toi, tout simplement... Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres. Tu es resté silencieux, tu l'as laissé sans réponse. Il en attendait même pas. C'est un client qui coupa tes mots. Il brise entre vous ce silence glacial, ce silence gênant. Il veut un bouquet. Un bouquet d'amour. De joie. De fête. Ça te fait sourire, tu t'occupes de cette commande. Tes doigts choisissent avec habilité et délicatesse chacune des fleurs, tu ris, tu t'intéresses à ce client qui semblait heureux, qui semblait âgé. Tu lui demandes sa vie, pourquoi tant de fleurs. Sur tes lèvres d'enfant se dessinent des questions et une en particulier en traverse la barrière ; « C'est  comment l'amour ? » Tu ne sais pas vraiment pourquoi cette question, mais tu as besoin de savoir. D'être sur. On te parle de cœur qui bat, de pensées, d'obsession et pendant qu'il te parle de son amour tes yeux se tournent vers Van. Il n'a pas l'air concerné, a-t-il entendu ? Peut-être, tu ne sais pas. Il fait le sourd, l'aveugle. Mais ce que tu sais toi, c'est que ton cœur bat. Il bat fort. Est-ce que c'est vraiment ça l'amour ? Tu remercie l'homme et il te remercie aussi en retour. Tu lui souris, un signe de la main. Es-tu beaucoup sympathique, fais-tu trop l'ami ? Tu devrais faire attention à chacun de tes gestes, à chacun de tes mots. Tu es surveillé. « C'est bien, les gens qui s'aiment encore après tant d'années ! » Dis-tu sans vraiment penser, juste pour lui parler, pour oublier ce silence beaucoup trop gênant mais aussi beaucoup trop enjoué par cette rencontre. Tu as toujours été fasciné par l'amour, par ce genre de choses que l'homme peut ressentir. Comment est-ce possible, comment est-ce qu'on ressent, pourquoi est-ce qu'on tombe amoureux ? Pourquoi est-ce que tu ressens pourquoi est-ce que tu tombes amoureux ? Rêveur, tu t'appuies sur le comptoir et regarde de nouveau Van. Tu l'observes et dessines chaque trait de son visage de tes yeux azurs. « Tu crois que c'est vraiment possible d'aimer autant ? » Parce que moi je t'aime déjà beaucoup trop.


Dernière édition par Caleb H. Fryer le Dim 26 Juil - 22:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [TERMINE] I've got medecine, though you're not my friend, I'll love you 'till the end | VAN   Dim 26 Juil - 19:29





Tu étais persuadé de pouvoir le diriger à ta guise. Tu étais persuadé d'être le seul maître à bord, d'être l'unique personne qui pouvait jouer avec lui telle une marionnette ; mais tu ne te rendais pas compte qu'il déteignait sur toi, petit à petit, comme un virus qui s'infiltrerait lentement dans tes veines pour prendre possession de tout ton corps. C'était minime, trop pour que tu t'en rendes toi-même compte ; mais de toute façon, tu t'étais toujours voilé la face. C'était ta manière à toi de faire face aux problèmes, aux liens, à ta haine. Voir les changements revenait à les accepter ; et tu n'acceptais rien, encore moins chez toi. Tu t'étais toujours borné à rester le même, malgré le fait que tu ne savais plus vraiment qui tu étais ; tu savais juste que tu ne devais pas, que tu ne pouvais pas changer de chemin.

Peut-être avais-tu raison avant. Maintenant, Caleb était apparu dans ta vie et c'était autre chose.

Tu l'aimais. D'une drôle façon, certes, c'était de l'amour glauque, une affection noire, aussi noire que ton âme ; mais tu l'aimais malgré tout. Ta haine avait juste gangrené cet amour et tu avais préféré la recracher sur lui plutôt que de la garder encore pour toi. Il était la victime idéale, après tout. Il était fou de toi et tu en profitais allégrement, beaucoup trop d'ailleurs ; tu baissais ta garde, petit à petit. On ne pouvait pas espérer te voir un jour aimer comme la plupart du temps, comme ce vieil homme qui venait d'entrer dans la boutique pour demander un bouquet pour sa femme. L'amour. Tu ne t'étais jamais attardé dessus, ça t'avait toujours rebuté ; le rose, les paillettes, les petits cœurs n'étaient pas pour toi. Toi, tu étais plutôt penché noir, sombre, ou couleur flamme parfois, quand la rage te prenait aux tripes et te rongeait les entrailles.

Tu le regardes composer le bouquet en y mettant toute son âme, tout son amour dans ces fleurs ; et tu ne peux que t'avouer vaincu face à ce talent. Ce bouquet, tu n'aurais pas pu le faire plus beau, car toi tu ne comprenais pas ce sentiment, contrairement à Caleb qui était beaucoup plus humain, beaucoup plus sentimental. Puis le client part après avoir payé, ravi de son beau bouquet qu'il pourra offrir à sa femme et tu peux voir toutes les questions qui se bousculent dans son regard. Tu soupires légèrement lorsqu'une traverse la barrière de ses lèvres et détournes le regard, le reportant sur la rue. Tu ne veux pas avoir à répondre. Tu ne veux pas parler de ces balivernes, de ce sentiment que tu as toujours fui comme la peste. Tu te refusais de ressentir ce genre de choses, bien qu'au fond de toi, tu ne savais surtout pas quoi répondre ; qu'est-ce qu'était l'amour ? Si toi, tu devais le définir, ce serait par la possession de l'autre, la facilité à le manipuler par ce sentiment, et à vouloir qu'il n'appartienne uniquement qu'à toi.

Mais tu savais que ce n'était sans doute pas la bonne définition.

Tu allais te détourner pour lui dire de retourner à la prochaine commande notée dans l'agenda lorsqu'il évoqua les années. Tu haussas simplement les épaules pour bien faire comprendre que tu t'en foutais. Tu partais du principe que tout s'abîmait au fil du temps, que ce soit l'amour ou n'importe quel autre lien ; rien ne résistait à ce phénomène naturel et, si un amour semblait tenir, ce n'était que pure masque qui cachait en réalité des choses beaucoup plus sombres. S'aimer autant d'années ? Foutaises. Tu refusais de voir que cela pouvait tenir, que quelque chose, en ce monde, arrivait à se maintenir la tête hors de l'eau malgré cette épreuve fatale ; tu ne le comprenais tout simplement pas.

Tu t'apprêtais à monter les escaliers qui menait à ton appartement lorsqu'il posa cette question. Tu te figeas en plein milieu des marches et te retournait vers lui. Aimer autant ? Tu savais que la haine pouvait atteindre des sommets inimaginables, mais l'amour ? Tu ne le savais pas, tu ne pouvais pas le savoir, tu qui n'avais connu que la partie sombre. Tu fis claquer ta langue contre ton palais, toc qui montrait que tu réfléchissais à la question. Puis tu haussas les épaules. « Aimer autant reviendrait à se réduire en cendres. » Ta main se crispa sur la rampe d'escalier. « C'est se mettre à nu et risquer de se retrouver mort, découpé en charpie par celui qu'on aimait autant et qui, soit-disant, nous aimait en retour. » Tu lui lançais peut-être un signe, au fond. Tu essayais peut-être de lui faire comprendre qu'il devait fuir avant que tu ne le bouffes complètement.

Peut-être.

Tu remontas jusqu'à ton appartement, glissant les réserves de drogue prévues pour aujourd'hui. Tu ferais ta livraison ce soir, après la ballade ; ou peut-être devrais-tu l'emmener aux champs pour le tenter... Tu verrais le moment venu. Tu revins dans la boutique. « Tu devrais arrêter de te poser ce genre de questions. Prépare l'autre commande plutôt. Et après que les clients seront venus les chercher... On partira. » "Se balader" te brûlais encore trop la langue pour que tu le dises. Tu désignas l'agenda d'un coup de tête et te remis à ton poste près de la porte pour admirer la vue.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] I've got medecine, though you're not my friend, I'll love you 'till the end | VAN   Mar 28 Juil - 16:22




Pourquoi faut-il qu'il voit le mal de partout, pourquoi faut-il que tout vire au drame, pourquoi faut-il que chaque chose tourne mal ? Des fois, tu ne le comprends pas. Souvent, tu ne le comprends pas. Dans l'amour, tu ne vois que les choses belles, tu ne vois que les rires et la joie qu'il peut apporter, tu ne vois que le bonheur à deux, quelque chose que l'on partage. Lui imagine trahison et destruction. C'est peut-être là le plus grand écart entre vous, votre façon de voir les choses. De vivre. Tu le sais pourtant, tu le sais qu'il est comme ça. Il semble rongé par le noir, rongé par le désastre et la catastrophe. Tu voudrais qu'il croit cinq minutes en l'amour, tu voudrais qu'il croit cinq minutes au partage, au bonheur, aux sourires, tu voudrais lui faire croire à tout ça mais tu t'en sens incapable, tu te sens si faible face à lui, face à ça, face à sa vie. Tout n'es que noir dans ses yeux, dans sa vie, dans son cœur et tu voudrais lui apporter cette lumière qui lui manque mais tu ne sais pas comment approcher son âme sans te brûler les ailes. Tu n'es déjà plus très en état, plus très en forme. Abîmé par de nombreux essais, tu n'as pourtant pas encore abandonné. Sûrement même que tu n'abandonneras jamais, tu ne saurais pas comment faire, tu ne saurais pas le laisser. Pas comme ça. Tu te sentirais peut-être coupable, sûrement triste, tu te sentirais comme si tu avais perdu une partie de toi. N'est-il pas gravé dans ta peau, n'est-il pas là, rouge, inscrit en capitale dans ton flanc, en douleur et en pleur que tu ne savais ressentir ? Tu ne fais pas ça pour rien, tu ne l'as jamais fait pour rien. Il était dans ta tête, dans ton âme, il est maintenant dans ton corps. Qu'est-ce qu'il croit ? Qu'est-ce qu'il pense ? Il est déjà trop tard pour toi, beaucoup trop tard. Il t'a eu, t'es emmêlé dans ses fils, dans sa toile, t'es prisonnier de cette araignée et tu ne saurais rien faire d'autre que de l'aimer comme tu l'aimes là. Peut-être que tu pourrais l'aimer encore plus, peut-être que tu pourrais littéralement te consumer d'amour pour lui, détruit ou pas, tu sais que rien ne te fera changer d'avis. Parce que tu n'y arrives pas, parce que ça ne se passe pas comme ça, parce que tu restes persuadé qu'il est quelqu'un de bien, qu'il est quelqu'un qui mérite quelque chose, qui mérite comme tout le monde le bonheur. Au fond, c'est ça, qui te pousse à rester. Cette sympathie pour lui, cette fausse pitié, ces sanglots que tu verserais encore et encore pour lui et sa noirceur qui ont su te séduire autant qu'ils devraient te dégoûter. Mais peut-être que c'est ça qu'il essaye de te dire, peut-être que c'est ça qu'il veut te faire passer dans ses mots ? Peut-être qu'il veut te faire comprendre que tu dois partir, fuir, prendre tes jambes à ton cou et tout simplement courir jusqu'à en perdre haleine, t'éloigner autant que tu peux de lui, autant que tu en as la possibilité. Trop tard. Il s'en va et tu es perdu dans tes pensées, concentré, tu ne sais pas trop quoi faire.

Tu sais pourquoi il est parti, tu sais très bien ce qu'il va faire là-haut quand il n'a rien à y faire. Ca ne te plaît pas, pas du tout parce que tu ne sais pas comment réagir, parce que tu ne sais pas quoi faire. Chaque fois, tu voudrais en demander. Encore et encore, tu voudrais recommencer, être comme avant, ressentir toutes ces choses que tu n'avais jamais ressenti. Mais tu essayes d'arrêter, on t'as dit que tu devais arrêter.  T'as frôlé la mort, tu ne veux pas qu'elle passe encore une fois ses bras froid autour de toi, tu ne veux pas qu'à nouveau elle puisse t'avoir, à cause de lui, à cause de ça. Puis tu n'as pas l'argent pour payer, pas l'argent pour te le permettre. Tu sais que ce n'est pas un problème, avec lui hm ? Tu sais que tu te cherches des excuses pour ne pas replonger, parce que l'argent n'a jamais été un problème quand il s'agissait de toi, ou d'autre d'ailleurs. Tu le sais bien que cela te fasse plus de mal que le reste, tu sais que tu n'es pas le seul corps sur lequel il pose ses mains . C'est frustrant, énervant. Il faut que tu te calmes. Tu fermes les yeux. Tu hésites à fouiller dans ton sac et prendre de ces pilules qui sont censées te calmer quand ça va pas, quand tu sens trop de choses t'envahir en même temps. C'est pour t'éviter de tomber, disent-il les médecins. C'est pour que tu t'en sortes. Toi ça te fait rire, parce que quelque part, c'est pas vraiment ça. T'es aussi accroc qu'à la poudre, qu'à la seringue, aussi accroc qu'à tout ce que tu prenais avant. C'est pas du crack mais c'est peut-être pire, peut-être même que ça te retirera la vie un jour. Tu l'entends revenir et tourne la tête vers lui. Tu acquiesces, tu souris de plus belle, voilà ton visage de nouveau illuminé. Tant pis s'il en profite pour distribuer la mort, tu vas te promener avec lui et c'est probablement tout ce qui compte à ce moment-là. Tu es comme un gosse, qui croirait que tu marches maintenant sur vingt années ? La simple idée d'une balade fait de toi un homme heureux. C'est presque chantonnant, si tu l'avais osé, que tu prépares cette dernière commande, tu souris, tu penses. A ce que vous allez faire, à comment vous pourrez vous balader, où vous pourriez aller. Est-ce qu'il te laissera tenir sa main ? Tu n'en es pas sûr, certainement que non, mais au fond de toi tu l'espères quand même un peu, rien qu'un peu...Beaucoup trop déjà. Tu termines la chose, regarde le bouquet, te tourne vers Van pour le lui montrer, souriant. « Il te plaît ? » Lui demandes-tu tout de même, pour être certain de ne pas avoir raté, pour être certain que cela est bien fait. Tu allais le poser dans le vase quand les clients arrivèrent. Tu les salues, comme à ton habitude, souriant, comme un enfant, passant une main dans tes cheveux d'or. Tu leur tends ce qu'ils avaient commandé, ça a l'air de leur plaire. Tant mieux. T'as un peu honte, parce que tu l'as tout de même fait assez rapidement, comme pour t'en débarrasser, pour finir cette journée. Tu aurais sûrement pu mieux faire, mais tant pis, ce n'est pas grave, s'ils sont heureux avec...

« C'était les derniers ! » Tu t'exclames en t'étirant, levant les bras au ciel avec un léger geignement avant de remette correctement ta chemise, remontant aussi légèrement ton jean. Tu le regardes, tu lui souris et lui demandes ; « On y va ? » Tu vas récupérer ton sac derrière le comptoir, et le fout sur ton épaule. Il est un peu lourd, mais tant pis. Tu reviens vers lui en fouillant et sort la boîte de « médicament ». Tu en verses deux dans ta main, ne t'avait-on pas dit de t'arrêter à un ou deux par jour ?, et tu les fous dans ta bouche pour les avaler, comme ça, sans eau. Tu ranges ça, tu fais comme si rien ne s'était passé. N'est-ce pas triste d'être à vingt ans déjà rongé par les addictions ? Tu le regardes de nouveau, lui adresses un nouveau sourire. Ca va, je suis heureux, peut-être pas tant que ça mais c'est ce que je veux te montrer.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] I've got medecine, though you're not my friend, I'll love you 'till the end | VAN   Sam 1 Aoû - 16:14





Tu es un peu comme un vampire. Tu arrives dans le cœur des gens, tu leur suçote leur part d'innocence, leur part de lumière, tu essaies de la souiller au possible, sous des caresses, sous des baisers, sous des petits sachets poudrés, puis tu repars, repu, satisfait, dans l'ombre de la nuit. Tu es un peu comme un vampire, pas comme ceux dans Twilight, t'es pas un gentil vampire qui brille à la lumière du jour et qui tombe amoureux comme on tombe dans la poussière ; toi, tu es l'un de ces vampires meurtriers, égoïstes, sombres et intenables. Tu es indépendant, tu es fixé sur ta petite personne et peut importe si tu fais du mal aux autres - au contraire. Tu cherches à  faire souffrir. C'est dans ta nature.

Du moins, c'est ce que tu essaies de croire.

Tu sais, cependant, que l'amour n'est pas fait pour toi. Que ce n'est pour ton caractère, pour ton grain de folie, pour tes penchants sadiques. L'amour, c'est un peu la lumière destructrice qui te ferait griller sur place avant de te faire disparaître ; alors, toi, soit tu fuis l'amour, soit tu t'en sers contre les autres. Pour les attirer entre tes reins, entre tes mains, pour mener la danse, pour leur voler la blancheur de leur âme et la fondre dans ta noirceur. Cela ne peut pas être de l'amour, une énorme possessivité à la limite, mais ce n'est pas de l'amour ; l'amour, tu l'as pas connu, ou trop peu pour que tu t'en souviennes. Pour que ton esprit se rappelle de l'effet qu'il fait et t'apaise. Toi, l'amour, t'as pas envie de le connaître non plus, peut-être que ça pourrait te rappeler trop de choses, peut-être que ça pourrait te rendre encore plus fou que tu ne l'es ; et parce que ce serait prendre le risque de te détruire. Le risque de trop.

Tu redescends et il est là. Il sourit. Il sourit tout le temps, tu as l'impression que quoi que tu fasses, quoi que tu dises, ce sourire disparaîtra jamais ; ça t'énerve. Tu voudrais le prendre par le col, le plaquer contre le mur, lui hurler d'arrêter de sourire comme ça, que toi, tu voudrais bien qu'il pleure, qu'il hurle, qu'il crache sur les gens, qu'il te crache dessus. Qu'il te dise de t'en aller, de disparaître, tu sais pas pourquoi tu penses ça d'un coup, toi qui a toujours voulu le posséder, toi qui refuses qu'il te lâche. Alors tu secoues la tête, d'un coup, fortement, pour chasser ces pensées bizarres. Non. Non. Tu veux le garder pour toi. Il doit être à toi. Il EST à toi. Et cette mine illuminée, ce sourire d'ange damné, un jour, tu réussiras à l'effacer. Quitter à le lui découper aux ciseaux, quitte à le réduire en morceaux. L'ange deviendra un démon, un démon dévoué à l'âme Rouge sang que tu es. Tu t'en fais la promesse, Van, tu réussiras à le changer, à le maîtriser, lui et son sourire de meurtrier.

Il prépare la dernière commande presque en chantant. Tu le vois, dans ses yeux, qu'il aimerait transformer sa joie en chanson et qu'il s'en empêche. La peur de se faire engueuler, probablement. De te faire changer d'avis. Ça te plaît, toi. D'avoir ce pouvoir sur lui, de lui faire assez peur pour qu'il ne chante pas. Ça te rassure, aussi, de voir que tu as encore ça auprès de toi, que tout ne se perd pas dans la confusion de tes pensées. Que tu restes Van, le mec obsédé par la possessivité. Les derniers clients arrivent et tu n'as pas besoin de regarder le bouquet plus d'une seconde pour voir qu'il a été fait à la va-vite, que les fleurs ne sont pas bien disposées, que les couleurs sont un peu trop dispatchées. Tu devrais le disputer, mais tu n'as même pas la foi. Surtout que les clients sont quand même satisfaits de ce bouquet, alors tu ne vas pas te plaindre. Tu dis au revoir, rapidement, le regarde prendre ses affaires.

Et ses petites pilules. Tu fronces les sourcils, l'attrape par le bras alors qu'il te sourit comme si de rien n'était. Tu l'attires vers toi, plonge ton regard froid dans le tien. « Quitte à te shooter, tu devrais au moins prendre de bonnes choses, pas ce genre de merdes. Surtout que tu sais très bien où en trouver » Juste auprès de ton corps. Ça t'énerve, qu'il ne se fournisse plus chez toi, qu'il fasse comme si il essayait de s'en tirer alors que ce qu'il prend, c'est encore plus dégueulasse que ce que tu vends. Tu lâches son bras, que tu avais serré, peut-être trop, ouvre la porte de la boutique et le laisses passer avant de fermer la porte et de glisser la clé dans ta poche. Tu glisses ta main dans tes cheveux pour remettre une mèche et soupires. « Bon. Tu veux aller où ? » Tu te demandes ce que tu fous là, avec lui. Tu te demandes ce qu'il t'a prit d'accepter. Surtout que te balader, tu n'aimais pas vraiment ça toi, c'était pas trop ton genre.


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MessageSujet: Re: [TERMINE] I've got medecine, though you're not my friend, I'll love you 'till the end | VAN   Jeu 6 Aoû - 11:59




Tu ne veux pas qu'il te touche. Non. Pas comme ça. Tu ne veux pas qu'il te fasse mal. Tu sens ton sang affluer là où ses doigts serre ton muscle, tu sens sa poigne si forte sur ton bras si maigre et dans tes yeux se lit une certaine terreur, une inquiétude. Et tu le regardes comme ça, sans rien dire de plus. Stop. Qu'il te lâche, ne s'en fout-il pas de toi ? N'a-t-il pas dit qu'il n'en avait rien à faire et que s'il voulait se débarrasser de toi, il le ferait sans aucun problème ? alors pourquoi maintenant semblait-il s'inquiéter pour toi ? Mais sa phrase te rassure quelque peu. Oh non, ce n'est pas de l'inquiétude en fait. Simplement une certaine forme de jalousie. Il n'est pas celui qui a le monopole de tes conneries et ça l'énerve. Tu souris. C'est hypocrite n'est-ce pas ? Il te souhaite le meilleur dans le pire, tu devrais peut-être prendre ça comme une marque d'affection, en fait. Peut-être que là, il est en train de te montrer tout l'amour qu'il te porte en te disant ces mots. Idiots. Tu ne sais pas pourquoi tu te sens en colère comme ça. Tu aimerais te calmer, quelque part c'est de ta faute. Tu n'avais pas à prendre ça devant lui... Puis, au fond, tu ne eux pas avouer mais certains mots restent là, coincés dans ta tête et ils résonnent à t'en empêcher de penser. Shooter. Tu ne veux pas et ce n'est pas ce que tu fais actuellement. Non. Tu as quitté tout ça, abandonné. Ce n'est plus toi, n'est-ce pas ? Tu ne gouttes plus à ça, tu n'es plus comme ça. Libre. Plus accroc à rien. Tu le froid et l'espère comme un putain d'idiot parce que tu n'arrives pas à accepter, tu n'arrives pas à te rendre compte que tu es encore sous la pression de quelque chose. La dépendance te bouffe, petit à petit, elle te serrer et t'emprisonne. Elle ne te lâchera jamais. Et alors ? Tu ne veux rien y faire, tu n'es pas assez fort pour ça et quand tu as cherché de l'aide tu n'as fait que t'enfoncer un peu plus dans tout ce désordre. Mais tu ne veux pas le croire. Tu n'es pas accroc. Tu refuses, ce n'est pas toi ça putain. Ça ne l'était pas avant. Pourquoi maintenant ? D'un coup, tu sens ta vie ruinée, t'as l'impression d'avoir raté quelque chose, d'avoir pris le mauvais tournant. Tu te sens trembler, un peu pris de panique, presque au bord des larmes et tu te souviens de ce qu'il vient de dire. Il s'est inquiété pour toi, n'est-ce pas ? Il y avait un peu de ca dans ses mots timides, ceux qu'ils n'osent pas te dire de vive voix mais qu'il te souffle tout de même. Depuis le temps, tu as appris à lire entre les lignes avec lui. Il le faut, n'est-ce pas ? Si tu ne le faisais pas, il n'y aurait rien pour sauver ce qu'on peut appeler votre relation. Tu soupires. Reprends-toi, ce genre de choses ne devraient pas t'arriver. Tu es maître de tes émotions. Tu dois en tout cas sembler l'être.

« On peut aller faire un tour comme ça... Dans un parc ? » Demandes-tu sans attendre de réponse. Tu sais qu'il s'en fiche un peu, tu es toujours choqué qu'il ait accepté de venir avec toi. Ce n'est pas commun... Se serait-il adoucis ? L'idée te fait légèrement sourire. Voilà que ta joie de vivre est revenue. Tu fouilles de nouveau dans ton sac pour en sortir un paquet de clopes. Tu lui en proposes une et en prend une pour toi avant de ranger la chose. Calant la cancéreuse entre tes lèvres, tu l'allumes. Ne vaut-il pas mieux ça que tes pilules ? Tu repasses une mèche blonde derrière ton oreilles. Tu souris. Tu souris à l'air. Tu souris au vent, au soleil qui brille, tu souris à qui veut le voir parce que tu es avec lui, parce que tu es là et que tu te promènes avec lui. C'est ce qui importe. C'est ce qui te rend heureux. Vous n'êtes pas très expansifs tous les deux, mais vous le savez. C'est souvent comme ça. Ça te va. Tu préfères ça qu'entendre des mots qui font mal, des mots qui de détruisent à petit feu. L'arrivée au parc se fit sans encombre et tu jetas ta cigarette avant d'y entrer. Tu ne sais même pas pourquoi tu l'as mené par ici, tu ne sais pas pourquoi tu fais tout ça. Que trouvera-t-il d'agréable à une balade sous les arbres, à l'ombre, tout ce qui l'intéresse lui c'est aller refourguer sa merde. Tu le sais, tu vois ses poches trop pleines. Tu regardes sa main, là et tu te mords la lèvre avant de le regarder lui. Vous faites quelques mètres et tu oses, encore une fois, tu te sens pousser des ailes et sans demander quoi que ce soit tu prends entre tes doigts sa main, quelques instants, accrochant tes doigts aux siens. Tu as peur qu'il s'envole, tu as peur qu'il crie, qu'il dise quelque chose alors tu ne le regardes pas, alors tu ne fais que tenir sa main dans ce silence. Tu attends la sentence.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] I've got medecine, though you're not my friend, I'll love you 'till the end | VAN   Lun 10 Aoû - 21:50





Tu ne savais pas ce que tu faisais en cet instant. Tu ne savais pas pourquoi tu le faisais ; et encore moins comment est-ce que tu avais pu te retrouver à le faire. Ce n'était pas toi, n'est-ce pas ? Tu le savais, tu le sentais, au plus profond de ton coeur, un petit signaux d'alerte lancé par ton âme assombrie, par ton côté maléfique. Mais tu avais décidé d'ignorer cette partie de toi, pour la première fois de ta vie. Tu avais décidé de te laisser couler, bercer par Caleb, emmené où le vent voudra, tu avais décidé d'ignorer les signaux d'alarme, les étouffer avec les yeux étincelants de Caleb. Tu ne savais pas non plus pourquoi ; tu avais trop peur de chercher la réponse. Peut-être devrais-tu cesser de réfléchir, pour une fois. Peut-être devrais-tu te laisser bercer par le courant. Peut-être.

Il n'empêche qu'en cet instant, tu avais envie de faire demi-tour, de rouvrir la boutique et de t'enfermer dans ton appartement. Tu n'as jamais tenté d'être chaleureux, aimant, tu as toujours été un connard qui jouait avec les autres et avec les limites ; avant, tu t'en foutais. Que s'était-il passé ? Tu le savais très bien, au fond, tu connaissais la cause, tu n'arrivais tout simplement pas à te le dire, à te l'avouer, préférant te cacher les yeux, te boucher les oreilles, avancer sans mot dire tout en te mentant à toi-même. C'était tellement plus simple de tout enfouir, Van. Tellement moins douloureux, aussi. Ton regard se posa sur l'être à tes cotés, qui souriait de nouveau en te tendant une cigarette que tu glissas entre tes doigts. Il n'y avait pas cette animosité habituelle contre son sourire d'ange. Il te semblait être anesthésié en cet instant, comme si tous tes sentiments étaient passés à la trappe, comme si tu flottais au-dessus de ton propre corps.

Tu n'avais pourtant rien pris.

Tu haussas les épaules lorsqu'il évoqua le parc. Pourquoi pas. Tu t'en fichais, en fait. Tu en étais encore resté au fait que tu avais accepté de te promener avec lui ; pourquoi ? Et son sourire, son sourire d'habitude si violent, si blessant, pourquoi ne t'avait-il pas mis en rogne cette fois ? Il y avait trop de changements, trop d'éléments à prendre en compte, ta tête tournait et la cigarette se consumait entre tes lèvres. Tu le suivis sans un mot, sans un regard, juste côte à côte. Ce n'était pas si désagréable, au final. De se promener avec quelqu'un. Cela te surprit un peu, mais tu n'étais plus à un choc près. Tu jetas ta cigarette en même temps que lui lorsque vous arrivèrent au parc, lui tenant ensuite le portail pour le laisser passer. Tu n'étais pourtant un gentleman que lorsque tu voulais l'être, lorsque tu avais quelque chose à gagner, habituellement. Mais tant pis.

Tant pis.

Tu sentis ses doigts se glisser dans les tiens et ton sang se glaça. Tu tournas la tête vers lui, mais il ne te regardait pas. Tu baissas alors la tête, te concentrant sur tes pieds, combattant sans savoir pourquoi ton envie de retirer ta main. Un pas. Deux. Trois. Quatre. Tu le comptais dans ta tête, comme des secondes. Au bout de dix pas, tu retiras ta main, la glissant dans ta poche, posant un regard froid sur lui pour lui faire comprendre qu'il ne fallait pas retenter le coup. Avait-il vu que tu avais tenu dix pas ? Pourquoi est-ce que cela avait de l'importance ? Ce n'était pas sensé en avoir. Tu te pinças la lèvre, irrité, reposant ton regard sur le sol. C'était le bordel. Et c'était de sa faute.

C'était toujours de sa faute. Alors tu dis « Tu n'aurais jamais dû exister ». Tu le souffles, comme ça, tu le craches un peu, alors que ce n'était pas ce que tu voulais dire, alors qu'en réalité tu aimais bien cette balade, alors qu'en réalité il était un ange, pour toi, pour les autres, alors qu'en réalité sa lumière dominait sur ta part d'ombre, tu as sortis ça, et ton cœur se serra, et tu te stoppas. Cela avait été une mauvaise idée. Le charmer avait été une mauvaise idée. L'engager avait été une mauvaise idée. Vouloir le diriger avait été une mauvaise idée.

En réalité, tout avait toujours été de ta faute, Van. Mais tu avais toujours préféré t'en prendre aux autres plutôt qu'à toi-même.


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MessageSujet: Re: [TERMINE] I've got medecine, though you're not my friend, I'll love you 'till the end | VAN   Mer 19 Aoû - 17:15




Il y a des choses qu'on ne contrôle pas, que l'on ne décide pas, des choses comme ça que l'on fait sans y penser, sans même en comprendre la signification. On ne cherche pas à savoir, on ne veut plus. Simplement, on agit. C'est ce que tu as fait quand tu as pris sa main, quand tes doigts se sont glissés dans les siens comme ça. Tu as pris le risque, t'as essayé, t'as pas réfléchis. T'en as un peu marre de penser à ce que tu dois faire, à qui tu dois être. T'en as un peu marre de faire attention à vous, à toi, à lui comme ça, comme s'il se protégeait de quelque chose, comme s'il se protégeait de toi. Et quoi ? Si tu prenais sa main, là, dans ce parc, ça deviendrait beaucoup trop réel pour lui ? Ca ne lui plairait pas ? Tu ne comprends pas. Des fois, t'es perdu, en colère, les deux en même temps et ça te rend juste triste. Pourquoi est-ce qu'il ne veut pas t'aimer devant tout le monde comme il t'aime dans un lit ? Quelle est la différence ? Il a la main mise sur toi, il est déjà là, à te serrer, ses doigts autour de ton corps. Là, à broyer tes os de sa haine, broyer tes os de son amour. Tu ne finiras que poussière à ses côtés, tu le sais et pourtant tu ne peux pas partir, oh non. Tu préfères attraper sa main, doucement, tendrement. Tu préfères prendre sa main sans aucune raison et simplement laisser tes doigts contre les siens. Est-ce qu'il peut sentir ton cœur battre, parce qu'il bat très fort, beaucoup trop fort. Il bat partout dans ton corps, partout en toi, il est là et te le fait savoir. Est-ce qu'il sent l'amour que tu lui portes, tous ces sentiments que tu ne sais plus cacher, qui menacent d'exploser chaque minute qui passe ? Tu voudrais pouvoir lui demander mais les mots sont bloqués dans ta gorge. Ils ne bougent plus. Parce qu'il n'a pas retiré sa main de suite, parce qu'il n'a rien dit. Ce sont de longues secondes qui se sont écoulées, elles t'ont paru être une éternité. Vous avez marché, un peu, comme ça, main dans la main et tu sens que dans ta poitrine, ça saute, ça danse, tu sens que tu ne tiens plus, que tu voudrais lui sauter au cou, le prendre dans tes bras, les serrer contre toi mais ce regard polaire qu'il te lance te fait comprendre. Non. Jamais. Il ne veut pas. Bien sûr. Ce devait être une erreur, peut-être qu'il n'avait tout simplement pas fait attention à toi ? Peut-être qu'il n'avait pas senti ta main trop maigre entre ses doigts squelettes ? Peut-être qu'il a pris ta caresse pour celle du printemps, qu'il a cru sentir le vent ? Tu voudrais alors qu'il te parle. Qu'il dise quelque chose, même si ça doit te briser, même si ça doit te mettre par terre.

Tu n'aurais pas du espérer autant. Ses lèvres laissent passer un filet d'air, des mots qui te frappent. Tu t'es pris un mur. Tu t'es arrêté de marcher. Tu l'as regardé. Tu n'as pas compris, t'as eu envie de pleurer avant de te dire que ce n'était pas la première fois que tu entendais ces mots. Tes doigts glissent quelques instants sur ton avant-bras mutilé et tu baisses les yeux. Il t'a eu, il t'a blessé. Il a touché ce point sensible, celui que tu ne penserais pas avoir à montrer. Non tu n'aurais jamais dû exister, parce que tu es le malheur, tu es la peine. Tu n'as pas le droit au sourire, tu n'as pas le droit à l'amour, pas le droit aux sentiments. Tu n'as pas le droit d'être, d'exister. Pourtant tu essayes, tu te bats. Tu luttes. Comme tu peux, comme on te le permet. Tu ne sais pas trop, tu ne comprends pas pourquoi il te dit ça maintenant. Tu n'avais rien fait là, n'est-ce pas ? Tu lui avais simplement tenu la main... Tu essayes de reprendre tes esprits, t'as les yeux mouillés de larmes, ils sont rouges, tu renifles, tu essayes de te retenir en passant une main dans tes cheveux, en regardant ailleurs avant que d'une voix tremblante, tu dises à ton tour ; « Pourquoi ? » Tu renifles, encore, au bord des larmes, ça menace de couler, de te noyer. « Pourquoi est-ce que tu me dis ça, pourquoi est-ce que tu me le dis maintenant ? Je le sais hein, je le sais, j'ai pas besoin.. T'as pas besoin.. » Pas besoin de le dire. T'as l'air abattu, les larmes ont coulé, tes sourcils sont légèrement froncés, ton front plissé. Tu  aurais voulu qu'il se retienne. Vous étiez bien là, non ?

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MessageSujet: Re: [TERMINE] I've got medecine, though you're not my friend, I'll love you 'till the end | VAN   Lun 14 Sep - 13:20





Il s'est arrêté. Il s'est stoppé dans son élan, l'envie d'être heureux, de te tenir la main dans un parc public, de se promener avec toi, d'être à tes côtés. Il s'est figé, figé face à la réalité qui s'imposait à lui comme une claque, claque que tu lui as toi-même mis. Qu'est-ce qu'il croyait ? Que vous pouviez être bien un moment, un instant, tous les deux, que quelque chose ou quelqu'un n'allait pas venir tout gâcher, qu'aucun de vous deux n'allait gaffer quelque part, cracher de mauvais mots, écorcher tous vos maux ? C'était mal te connaître. Tu étais né pour propager la haine, la tristesse, le désespoir, tu étais né pour tout foutre en l'air, pour rendre tout éphémère au possible, pour transformer les heures de vie en secondes de mort, tomber amoureux de toi c'était comme tomber amoureux de Satan, ça conduisait au feu intérieur.

Tu consumais tout ce qui était à ta portée. Tu avais appris à aimer ça. Il t'a retiré cet amour.

C'était pour ça que tu le détestais tant. Parce que lui, il était la lumière incarnée, malgré les douleurs, malgré les larmes, malgré l'addiction, il continuait de tenir sur ses deux jambes. Parce que si toi tu étais né pour propager la haine, lui était né pour propager l'amour. Il n'aurait pas dû exister, tu n'aurais pas dû le rencontrer, il avait éteint ton feu, il t'avait foutu dans un labyrinthe mental auquel il t'était impossible de sortir. Il avait tout foutu en l'air et c'était pour ça que tu le détestais tant. Avant, oui avant tu aurais apprécié cette teinte orageuse qu'avait prit ses yeux, tu aurais aimé cette eau qui débordait de ses pupilles, avant tu en aurais ris à en pleurer, tu aurais souris sadiquement. Parce que tu avais appris à aimer ces effondrements que tu provoquais depuis ta plus tendre enfance.

Mais aujourd'hui, le goût de la culpabilité revint sur ta langue après des années d'absence et te donnais une envie intense de vomir.

Il te demanda pourquoi. Oui pourquoi Van, pourquoi lui sortir ça alors que vous étiez calmes, alors que vous étiez bien ? Il avait tout foutu en l'air, tu venais de t'en apercevoir, et après quoi, tu crois vraiment que le virer de ta vie maintenant arrangera quoi que ce soit ? Il était trop tard, bien trop tard, tout avait déjà été trop illuminé, ton âme était devenue dépendante de ce soleil personnel, il ne te restait plus rien en repères sombres, plus grand chose de tes réflexes de sadique et toi tu étais là, tu le regardais pleurer en te demandant pourquoi et tu n'arrivais plus à éprouver le moindre plaisir à cette image.

Tu n'arrivais même pas à te mettre en colère sur ce fait. La douleur s'empara de ton corps, ton cœur se serra, tu déglutis.

Tu le fis reculer jusqu'à un arbre, passant une main sur sa taille et tu attrapas ses lèvres des tiennes. Ce n'était pas un baiser rageur, ce n'était pas un baiser où tu aurais pu passer toute ta colère, toute ton incompréhension ; c'était un baiser désespéré, des caresses tristes, des excuses sur ta langue que tu espérais faire passer à travers ses lèvres sans un mot. Désolé de toujours tout gâcher. Désolé d'être arrivé dans sa vie. Avant, il était bien, il n'était que fissuré, il aurait pu s'en sortir. Tu avais été le marteau qui l'avait fait voler en éclats. C'était un baiser qui voulait dire "qu'est-ce que tu m'as fais ?", c'était un baiser rempli de non-dits.

Pour la première fois, tu lui offris un baiser d'amour.

Puis tu te reculas, comme choqué par ce que tu venais de faire. Tu n'avais même pas penser un instant aux passants, au regard des gens. Tu l'avais embrassé en excuse, tu l'avais embrassé en amour. Ce n'était pas toi, tu avais disparu depuis longtemps, bien trop longtemps. Alors tu partis. Tu détalas du parc, tu te détournas de lui, lui tournant le dos, et tu t'enfuis pour t'accrocher à ce qui te restait de ta vie, la seule chose qui n'avait pas bouger depuis le début de cette journée : les petits sachets dans ta poche. Ces regards d'accros pathétiques qui avaient besoin de leur dose pour survivre. Un peu comme lui, au final.

Sauf que sa vraie drogue n'avait jamais été rien d'autre que toi. Avant, cela te plaisait.

Maintenant, cela te condamnait.

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